LIP : l'histoire d'une grande marque horlogère française

LIP est une marque horlogère française qui a une histoire forte et tumultueuse. Fleuron de l'horlogerie française de la fin du XIXième siècle au années 1970, connue dans le monde entier, LIP a connu de grands moments difficiles provoquant de multiples rachats. Lip représente aussi bien le savoir-faire à la française que les problèmes d'industrialisation et de délocalisation. Aujourd’hui, LIP a retrouvé une superbe dynamique en renouant avec son héritage.

Emmanuel Lipmann

Emmanuel Isaac Lipmann, fils d'un vendeur de matériel d'horlogerie en Alsace, fonde en 1867 un atelier d'horlogerie : le Comptoir Lipmann à Besançon. Grâce à son esprit d'entreprise, son envie d'innovation et le soutien de ses enfants (Ernest, Camille et Jenny), Emmanuel Lipmann développe très rapidement cet atelier dans cette ville qui deviendra la capitale de l'horlogerie française.

En 1904, Ernest Lipmann, alors en charge d'une développement technique met au point grâce à Pierre et Marie Curie les premiers cadrans de montres phosphorescents grâce à leur découverte du radium.Pierre et Marie Curie

En 1908, la marque LIP est déposée et les montres sortent des ateliers arborant pour la premières fois le logo de la marque. S'en suit une révolution de la distribution pour l'époque. Une énorme campagne publicitaire, avec affichage et parution magazine permet de faire connaître la marque au niveau national.

fred Lip

Après un parcours scolaire un peu chaotique, Fred Lipmann, fils d'Ernest Lipmann, rentre à l'école d'Horlogerie de Besançon. Après son service militaire,  un voyage aux États-Unis permet à Fred Lipmann de visiter des chaines de montage industrielles chez Harley Davidson  et Indian Motorcycle, ainsi que des manufactures horlogères américaines. En 1931, il rejoint l'entreprise familiale, prend la direction de la société et bouscule les traditions grâce à son génie visionnaire.Plusieurs grandes innovations sortiront alors des usines LIP.

jean Mermoz

En 1935, en plein développement de l'aéronautique, où l'estimation du temps était capitale (les capacités de kérosène limitaient grandement les durées de vol), LIP conçoit une montre de bord qui équipera la Croix du Sud (Latécoère) de Jean Mermoz avec la Type 10.

Produite entre 1935 et la fin des années 1950, en pleine période Art Déco, la T18 connaît un succès mondiale. Une version en or sera offerte par la France à Sir Winston Churchill en 1948 en reconnaissance  des services rendus par la Grande Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale. La T18 prendra alors "Churchill" comme surnom.

Winston Churchill

 En 1952, sous la direction de Fred Lip, le département de recherche de Lip planche sur un tout nouveau concept de mouvement, non pas mécanique mais électrique. Plusieurs contraintes majeures sont résolues : miniaturiser les piles de l'époque, permettre une tension de ressort suffisantes malgré un voltage faible. L’oscillation du balancier spiral est enfin entretenue par électromagnétisme, ce qui qui fait de l'"Electronic" la première montre électrique du marché en 1958. Son nom sera rebaptisé "Général De Gaulle" suite au don d'un exemplaire à celui-ci. Elle deviendra même la "montre des présidents" après qu'une autre exemplaire fût offert au Général Eisenhower par le gouvernement français.

LIP electronic

 

A ce moment là, LIP est à son apogée, produisant 300 000 montres par an grâce au travail de 1500 collaborateurs.

LIP Nautic-ski

En 1967, pour le centenaire de l'entreprise familiale, la manufacture Lip crée une montre d'un nouveau genre : la Nautic-Ski. Cette montre sera la première montre de plongée française à être capable d'atteindre les 200m. Destinée aux milieux extrêmes, grandes profondeurs et grandes altitudes, elle tient son nom de la carrière de skieuse professionnelle suivit par la fille de Fred Lip, membre de l'équipe de France de ski alpin. Le modèle sera dévoilée officiellement aux Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. Ce modèle sera portée par Eric Tabarly ou Jacques-Yves Cousteau.

Cousteau et Tabarly

Avec la montée du design dans les années 70, dans une volonté de reste à l'avant-garde, LIP collabore avec plusieurs designers de renom, pas forcément en lien avec l’horlogerie. Ainsi, une première montre mécanique à affichage digitale sortira des usines grâce à la vision de François Baschmakoff. Roger Tallon, Rudolg Meyer, Marc Held, Michel Boyer, Isabelle Hebey, Michel Kinn et Jean Dinh Van apporteront successivement leur "patte" à la collection de 1975 de modèles ultra-design qui aujourd'hui encore impressionnent!Montres design LIP